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 [Cosmopolis] Critiques de la presse

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Elsa1
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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 20:38

Un film qui divise...

Après le classique A Dangerous Method, David Cronenberg revient à un cinéma qui lui est plus personnel avec Cosmopolis, adaptation d'un roman de Don DeLillo, racontant la journée chaotique d'un jeune milliardaire, coincé dans sa limousine, et dont le monde est sur le point de s'effondrer avec l'avènement d'une crise financière de grande ampleur. La mise en scène de Cronenberg est brillante, très inventive, et parvient à éviter les pièges qu'auraient pu poser ce huit clos pour le moins bavard. De plus, Robert Pattinson, interprète principal du film, est une véritable révélation, à dix mille lieux de son rôle du gentil vampire de Twilight, accompagné par beaucoup d'excellents seconds rôles (Juliette Binoche, Sarah Gadon, Paul Giamatti, ...) qui arrivent à se faire une place à ses côtés. Rien qu'avec cette réalisation d'une très grande qualité, et l'interprétation globale du film, Cosmopolis se porte comme un des favoris de cette 65ème édition du festival de Cannes. Cependant, le scénario, qui se veut être une critique du monde capitaliste, est très, voir trop, fidèle au roman d'origine, allant jusqu'à reprendre mots pour mots les dialogues interminables du livre. Etant trop bavard, on se perd très facilement dans ces longs dialogues, souvent très complexes et parfois même philosophiques, ce qui accumule les longueurs. Déroutant, le film divise et risque de perdre un bon nombre de spectateurs en cours de route, ce qui est bien dommage au vu de son exceptionnel qualité cinématographique.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 20:40

Cosmopolis

A l'instar de Jacques Audiard, j'ai retrouvé David Cronenberg. Après le tiède A dangerous method, on craignait un peu pour le metteur en scène canadien. Heureusement, il n'a pas trop tardé à nous rassurer. Cosmopolis est une réussite, même si ce n'est pas son meilleur. Toutes ses références et ses obsessions sont là. On pense beaucoup à Crash ou à Videodrome même s'il ne va pas aussi loin dans le trash et le délire. Contrairement à Walter Salles avec Sur la route (tous deux en compétition à Cannes), il réussit, lui, l'adaptation d'un livre culte jugé inadaptable sur grand écran. Le roman de Don DeLillo date de 2003 et est fortement prémonitoire de la crise financière que l'on vit et d'un futur proche pas vraiment réjouissant. Dans un constat grinçant sur la société capitaliste, on assiste, en une journée, à la brutale descente aux enfers d'un jeune golden boy, de l'espace confiné de sa limousine au glauque des bas-fonds de New York. Il y perdra toutes ses valeurs et tout sens de la réalité en perdant tout ce qui faisait sa vie, sa femme et surtout son argent et son pouvoir. Pour l'incarner, après le désistement de Colin Farrell, Cronenberg s'est tourné vers Robert Pattinson l'acteur adulé de Twilight. Il y est juste impressionnant. Totalement habité par le personnage, il tient tout le film sur ses épaules, et il est de chaque plan. Comme sa consoeur Kristen Stewart, il réussit le passage de l'après et devrait faire une belle carrière. En tout cas ici, je l'ai trouvé formidable. Le reste du casting est de choix entre les français Juliette Binoche et Matthieu Amalric, Samantha Morton et Sarah Gadon, Kevin Durand et l'excellent Paul Giamatti (Marion Cotillard s'est désistée pour cause de bébé, Keira Knightley et Noomi Rapace ont été pressenties). Techniquement c'est aussi très réussi. Les décors sont parfaits. La majeure partie du film se passe dans la limousine, personnage à part entière, véritable esprit du héros. La photo est magnifique. Les plans très resserrés sur les visages sont splendides.

Alors certes l'ensemble est très spécial, lent, et extrêmement bavard. Ne pas se fier à la bande-annonce qui annonce un film d'action au montage très serré. Les scènes de violence sont peu nombreuses mais fulgurantes et quand on ne s'y attend vraiment pas. C'est fascinant et quasi hypnotique. La plupart du temps, il ne faut pas chercher à comprendre, comme beaucoup d'autres films du réalisateur (ou comme chez Lynch) mais juste se laisser porter. Le tout, avec du recul, est très cohérent. Bref, une excellente surprise, j'ai beaucoup, beaucoup aimé..

Note : 5/5

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 20:43

Critique : Cosmopolis, de David Cronenberg

Après avoir causer psychanalyse dans le très bavard A Dangerous Method, David Cronenberg s’attaque au capitalisme avec l’adaptation du prophétique roman de Don DeLillo et signe un huis clos étouffant, tout en sublimant un certain Robert Pattinson. Ca se fête !

Dans un New York en ébullition, l’ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

« On veut toujours ce que l’on veut. Et je veux une coupe de cheveux ». C’est par ce genre de répartie infaillible que le personnage de Robert Pattinson, Eric Packer, domine son sujet autant qu’il le subit. Ce même personnage avait déjà divisé la critique littéraire lorsqu’il se faisait le héros du roman prophétique de Don DeLillo, publié en 2003. Cosmopolis raconte la dégénérescence d’un golden boy, fossoyeur inconscient d’un système en dérive, la faute à un égocentrisme démesuré et une intelligence sans faille. Un personnage complexe, tiraillé, un instrument torturé qu’interprète avec brio Robert Pattinson. Celui qui est considéré aujourd’hui comme l’une des idoles des jeunes, la faute au phénomène Twilight, réussit un sacré tour de force. Celui de camper un personnage qui lui colle à la peau dès les premières secondes. Une classe sobre, des mimiques inévitables mais qui ici ne dérangent jamais, un aimant. Pattinson séduit, il étonne, il déroute.

A vrai dire, en dirigeant aussi bien Robert Pattinson face à un panel de personnages différents (on y compte entre autre une excitante Juliette Binoche, un sautillant Mathieu Amalric, un amateur de serviette Paul Giamatti…), David Cronenberg cache son principal état de fait : l’adaptation au mot du roman de Don DeLillo. Cronenberg, et c’est tout à son honneur, n’a jamais été un grand supporter des adaptations au cinéma. Difficile de donner une image à un mot, tel est l’argument. Surtout quand celui-ci vient d’un roman aussi complexe que Cosmopolis. Plutôt que se réapproprier l’œuvre, Cronenberg se contente de l’illustrer, de lui donner une chair physique, tout en dirigeant un groupe d’acteurs talentueux. On lui reprochera un manque de distance, un côté froid sans vie voir ennuyeux à cause d’un rythme lancinant. On ne peut lui enlever en revanche la maîtrise formelle du huis clos étouffant, du corps manipulé d’Eric Packer. Cosmopolis ne peut laisser indifférent. Comme souvent avec David Cronenberg, on adore ou on déteste. Paradoxalement, il agit sur ce film une sorte de répulsion, la faute à un rythme étourdissant par sa lenteur. Néanmoins, on ne peut pas cacher cette espèce d’attirance, de pouvoir de séduction. Pattinson est en cause, car à force de le détester et lui trouver des défauts – ce qui n’a rien d’erroné – il finit par nous balancer la porte à la gueule pour la rouvrir sur un homme totalement méconnaissable, habité par un self-made-man dont l’ivresse du pouvoir lui confère un pouvoir de séduction sans fin. Il est surprenant d’ailleurs de voir Pattinson exceller dans les 20 dernières minutes, après avoir survécu au ventre mou du long métrage. Dans un long face-à-face avec Paul Giamatti, le jeune acteur brille dans un personnage pourtant éprouvé par le chaos tout autour. C’est une découverte, assurément l’attraction d’un film qui scotche, déroute et fait renouer son directeur avec le cinéma de l’étrange.

L’avis : C’est dans l’espace-temps d’une journée que David Cronenberg joue avec le cinéma d’une transformation des corps. Un seul en l’occurrence, celui d’Eric Packer, sublimé par la prestation d’un Robert Pattinson hallucinant. Si Cosmopolis ne fera sûrement pas sauter le spectateur de son siège à première vue, il donne à réfléchir, autant pour la maîtrise glaciale de David Cronenberg que pour le sujet brûlant d’actualité.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 20:44

les filles je lirais quand j'aurais le temps lol!

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 20:49

Pour ou contre ‘Cosmopolis’ de David Cronenberg ?

L’équipe d’Evene s’écharpe sur le nouveau film de Cronenberg, en compétition à Cannes et en salles partout en France. Superbe trip fantasmatique sur le capitalisme fincancier ou nanar en roue libre avec crash à l’arrivée ?

Pour, par Jean-Christophe Ferrari
*****

Cosmopolis de Don DeLillo semble avoir été conçu pour un jour être mis en images par David Cronenberg. Le romancier américain y peint le tableau onirique d’un univers - capitaliste - en train de s’écrouler. Un monde qui implose parce que plus rien en lui, et la spéculation boursière en est la preuve, ne fait référence à la réalité. Un monde qui n’est que surfaces, surfaces dans lesquelles il se noie et s’abîme. Un monde qui perd toute épaisseur concrète puisqu’il délègue les opérations humaines, physiques ou intellectuelles, à la technologie. Un monde avançant à une vitesse folle qui anticipe et accélère la mort de toute chose. Déréalisation de la matière, devenir-machine du corps humain, précipitation d’une catastrophe : du tout cuit pour le réalisateur de La Mouche et de Crash? Oui et non: si le film reprend le diagnostic pessimiste auquel oblige ce scanner du cyber-capitalisme qu’est le roman, Cronenberg a dû se livrer à un important travail d’adaptation pour forger le splendide objet cinématographique qu’il présente cette année à Cannes.
Premier travail d’adaptation: filmer l’idée. À force de spéculer, à force de laisser les flux financiers imposer leur logique propre, le monde contemporain est devenue une construction abstraite privée de tout ancrage dans le réel. Une sorte de monstre spéculatif dont Eric Packer (Robert Pattinson), dans sa vanité, prétend déchiffrer l’A.D.N. Il échouera ; il en crèvera. Comment l’auteur de Spider et de A Dangerous Method - qui depuis ses premiers films étudie la manière dont la pensée se transforme en action - a-t-il représenté ce cosmos psychique, ce cosmos imaginaire (la ville-monde du titre) ? En empruntant la voie de l’épure et de l’abstraction graphique. En choisissant de montrer le spectacle d’une cité qui explose à travers les vitres fumées d’une limousine. En faisant résonner l’écho assourdi de l’effondrement d’un système dans l’ambiance ouatée d’une voiture de luxe. Résultat: un trip en apesanteur, un voyage vers l’Hadès.

Deuxième travail d’adaptation : donner corps. Le protagoniste principal –sorte de golden-boy high-tech- est une homme lisse, une surface plate, qui, au fur et à mesure que le film avance, découvre le poids de la chair et l’intensité de l’existence organique. Et l’acteur de Twilight livre ici une superbe performance qui mériterait un prix d’interprétation.... Ou plutôt: Cronenberg joue avec génie de son aspect vampirique: teint blême, regard absent, carnivore under control. Au départ, donc, un roman un brin bavard et désincarné. À l’arrivée, la litanie techno-rap d’un suicide surréaliste. Au départ la menace d’un nouveau Wall Street (Oliver Stone, 1988), à la vulgarité demonstrative, à la complaisance rutilante. À l’arrivée, Cosmopolis de David Cronenberg.

Contre, par Adrien Sene
*

Bavard et chic. C'est ce qui pouvait arriver de pire au cinéma de David Cronenberg. Alors que, ces dernières années, le réalisateur canadien avait emmené sa filmo vers un classicisme légèrement perverti par ses obsessions, Cosmopolis se présente comme une mauvaise blague, un retour raté à ses grandes heures des années 80 doublé d'un pensum plombant signé du David philosophe.

Il n'y a pas d'autres mots pour décrire les pérégrinations d'Eric Packer (Robert Pattinson) en quête d'une coupe de cheveux à l'autre bout de la ville. Alors que l'économie s'effondre, et que le chaos s'installe, le Golden Boy va traverser New York en limo et croiser la route de sa future mariée, d'une maîtresse ou d'un entarteur roumain. Pour quoi faire ? Parler, évidemment. Du capitalisme, bien sûr. À grand renfort de métaphores un peu chocs, cela va sans dire. La logorrhée est sûrement pertinente mais elle est très certainement indigeste et interminable. Comment comprendre ce qui est dit ? Jamais la parole n'est mise en scène ou distillée dans le récit pour que l'image soutienne efficacement le mot. Emmitouflée dans une esthétique toc mal dérivée du Videodrome de 1983 (ça pique les yeux tellement c'est moche), le film sombre au fur et à mesure de ses rencontres dans le théâtre qui palabre à plus soif. Alors, oui, le pauvre Pattinson porte le costume cravate avec une classe folle parce que le monde de la finance fascine. Oui, il subit un touché rectal parce que c'est aussi un peu ça, l'univers de la finance. Oui, l'argent est un rongeur nuisible de la morale. Mais quelle nullité crasse dans la symbolique et la force. Plutôt qu'à un grand film théorique, Cosmopolis évoque en permanence un tract punk rédigé par un vieux branché. On est très loin du trip nerveux et déjanté que promettait la bande-annonce. En même temps, on comprend le distributeur : comment vendre autrement un grand nanar d'auteur ?

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 20:51

pareil, y'en a trop lol!

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 20:55

"Cosmopolis" - La messe est dite !

Dans son film adapté de l'oeuvre de Don DeLillo, David Cronenberg fait dire à ses personnages un salmigondis de propos qui donnent envie de dormir.

Par François Quenin, à Cannes

Tous les matins, quand il fait beau, c'est-à-dire depuis deux jours, quand on se dirige vers le palais du Festival de Cannes, le soleil levant, vers 7 h 30, allume le vieux quartier du Suquet. La baie de Cannes à ce moment-là, avec ses navires blancs et le bleu pur du ciel et de la mer, c'est une image qui vaut tous les matins du monde et qu'on emporte dans ses bagages pour les jours de pluie et de brume.

En sortant vendredi matin de la séance dans le soleil de la Croisette, un inconnu m'aborde sans façons : "Très décevant, le Cronenberg, j'en attendais beaucoup." Il a raison. Est-ce à cause du roman de Don DeLillo (que je n'ai pas lu). Dans Cosmopolis (10/20), le cinéaste fait dire à ses personnages un salmigondis de propos philosophiques qui donnent envie de dormir. C'est l'histoire d'un jeune maître du monde qui traverse New York dans sa longue voiture high tech et perd toute sa fortune dans la journée à cause du yuan qu'il n'a pas vu venir, dit-il. À la fin, il se retrouve face à l'homme qui veut le tuer, un ancien employé de son entreprise qui lui dit : "Il faut que tu meures pour que je vive." La messe est dite.

lepoint.fr
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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 20:55

Cosmopolis

Dans un New York en ébullition, l'ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du Président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

Il y a trois ans, le Lion d’Or allait au film israélien Lebanon, où la violence de la société était montrée depuis l’intérieur d’un tank. La Palme d’or 2012 pourrait bien aller au nouveau long métrage de David Cronenberg, qui dépeint une société déliquescente depuis l’intérieur d’une limousine. Mais là où le premier surlignait lourdement ce symbole sans parvenir à le dépasser, l’écriture de Cronenberg et de Don Delillo est au contraire plus que suffisamment forte pour proposer autre chose, pour ne pas se contenter d’en faire le seul support de son discours. Cosmopolis dépasse en effet largement le cadre du film à thèse. Ride halluciné à travers un enfer urbain et pourtant quasi surnaturel, peuplé de fous et de violence, c’est l’occasion pour le réalisateur canadien d’un enthousiasmant retour à ses films chocs des années 90. Visuellement fascinant (l’avancée au ralenti donne parfois l'impression que la voiture « coule » vers l’enfer), le film détonne avec ses réalisations moins strictement personnelles de ces dernières années. Les contraintes sont sévères (unité de lieu, unité de temps ou presque, nombre restreint de personnages), et cette apparente sévérité a dérouté plus d’un spectateur. Or ces deux heures claustrophobes prouvent surtout que Cosmopolis est tout simplement le Cronenberg plus original et risqué depuis douze ans : imprévisible, et percutant comme rarement.

Plusieurs films à Cannes ont partagé le principe narratif suivant : utiliser de longues plages de dialogues tout en montrant bien que les enjeux de la scène étaient ailleurs, entre les lignes. De manière ironique chez Kiarostami ou plus solennelle chez Loznitsa ou Reygadas, cela finissait surtout par donner des discussions pas très passionnantes à suivre. Cronenberg est haut la main celui qui s’en tire le mieux à cet exercice. Grâce notamment à une interprétation en creux mais très convaincante de Robert Pattinson, dont la légitimité d’acteur ne fait plus aucun doute. Il est dommage que dans son dénouement Cosmopolis retombe dans les travers bavards des derniers films de son auteur, et empèse son long métrage. On ne quitte pas Cosmopolis sous son jour le plus fantastique mais juge-t-on un film sur sa fin ? Projeté hier, In the Fog bénéficiait d’une scène de fin magnifique qui a pu faire oublier à certains l’ennui poli qui l’avait longtemps précédé. C’est ici l’inverse : ce qu’on n’est pas prêt d’oublier, ce sont les visions dingues en angoissantes offertes par le film.

5/6

La Palmomètre : Cosmopolis n’a pas exactement le profil du film à récompenses, surtout avec un président tel que Moretti (dont on connait l’aversion pour la représentation de la violence). Reconnaitre la talent de mise en scène de Cronenberg semble par contre plus évident.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 20:58

Critique Cosmopolis

Note 4/5

Cette année le Festival de Cannes aura fait la part belle aux adaptations de romans réputés inadaptables. Après les échecs de Sur la route et Paperboy, qui n’auraient jamais dû quitter le format papier, c’est au tour de Cosmopolis, roman un brin ennuyeux mais à fort potentiel, et accessoirement déjà culte, de Don DeLillo. Don DeLillo + David Cronenberg + Robert Pattinson, soit l’association la plus improbable sur le papier. Ou pas. Après avoir analysé dans tous les sens la dégénérescence de la chair, au somment de son étude dans les années 80, David Cronenberg s’est de plus en plus penché sur l’esprit, et dérive assez logiquement vers le verbe. On pourra toujours lui reprocher de s’embourgeoiser, Cronenberg n’est reste pas moins un des auteurs contemporains les plus intéressants, avec une ligne directrice dans son œuvre qui est d’une logique implacable. Avec Cosmopolis, il livre ni plus ni moins que le prolongement logique de A Dangerous Method sans l’académisme plombant et les costumes, sans le propos psychanalytique frontal et sans le faste. Cosmopolis est un huis clos admirable qui réinvente l’espace restreint d’une limousine et dresse un portrait au vitriol des dérives du capitalisme. En un mot : bluffant.

En s’ouvrant sur une toile de Jackson Pollock et en se fermant sur une de Rothko, ou des visuels clairement inspirés, Cosmopolis donne le ton : celui de l’expressionnisme abstrait, d’un film qui ne s’embarrasse aucunement d’une trame narrative claire et qui ne va pas donner un résultat clés en main. Complexe dans sa forme et dans ses réflexions, Cosmopolis est sans doute le film le plus abouti de son auteur depuis Crash, tout en échappant à ce qui était trop attendu, à savoir son retour au cinéma trash. David Cronenberg a modelé le récit de Cosmopolis en l’expurgeant de tout ce qui sonnait trop « cronenbergien ». Ainsi, la bande annonce extrêmement mensongère ne rend pas du tout justesse à cet exercice de style globalement épuré, tourné vers une sophistication glacé et une analyse pertinente des rapports humains des années 2010. Beaucoup moins de sexe, des passages effacés et un final avorté sont le résultat d’un auteur qui n’a plus envie de se répéter et se tourne radicalement vers l’avenir. Cosmopolis est un film générationnel construit autour d’un récit visionnaire et qui aboutit sur un résultat étouffant, malsain et clairement perturbant malgré les apparences. Avec une économie d’effets faciles et en s’appuyant sur l’écriture de Don DeLillo qui prend enfin toute son ampleur quand elle est mise en images, David Cronenberg tisse un canevas jouant sur la confusion du spectateur et la profusion d’informations pour le malmener et lui faire vivre une expérience. A la sortie de Cosmpolis, difficile de ressentir autre chose qu’une profonde terreur tant la démonstration est formidable. Cet homme dans sa limousine représente l’essence du capitalisme outrancier, des manipulations de devises qui deviennent un jeu pour un gosse avec des gros jouets. Avec sa chute, financière, c’est la chute d’un empire qui suit, et la chute de notre monde tout entier dans une logique de l’échec qui fait froid dans le dos. David Cronenberg tire de ce récit visionnaire, qui annonçait tout de même la crise financière avec 10 ans d’avance, un merveilleux pamphlet pas forcément évident à sentir mais qui s’ancre dans l’inconscient du public comme le pire des parasite murders. Et là, c’est l’évidence, tout le cinéma de Cronenberg menait vers Cosmopolis.

La mutation, thème central de son œuvre, ne transforme plus les hommes en monstres, ne les fait plus entrer dans la matrice, mais elle affecte directement l’univers. Le personnage d’Eric Packer est un virus mutant qui contamine le système économique, un virus créé par le système et qui va causer sa perte. Il faut passer au delà du côté très verbeux du film, qui reprend à la lettre tous les dialogues du roman, et dont chaque ligne de dialogue contient une mine d’informations, pour se rendre compte de la richesse et de la pertinence de ce film. Cosmopolis est une œuvre à ranger juste à côté de The Social Network dans cette virtuosité à capter l’air du temps. Film d’un modernisme étourdissant, qui malmène le spectateur en permanence par une mise en scène savamment étudiée, pervertissant son décor unique et limité par une multitude de mouvements presque subliminaux, Cosmopolis est ainsi une démonstration de force d’un réalisateur qui non seulement évolue dans le bon sens mais se montre parfaitement conscient de l’évolution du monde autour de lui. Parfois sexy, parfois glauque, toujours juste et hypnotique, il crée le chaos à travers les vitres d’une limousine et s’impose comme le rêve prémonitoire d’un virus ou comme le requiem d’un monde dans sa totalité. Et si on pourra remettre en question le dernier acte, plombé par un Paul Giamatti qui en fait des tonnes en bouffon et tranche beaucoup trop avec la sobriété presque clinique du reste, Cosmopolis est un film d’une richesse incroyable et un exercice extrêmement solide. Et au delà de seconds rôles assez géniaux, comme des petites parties d’un monde déjà enseveli, tout le film est porté par la révélation d’un Robert Pattinson impérial, qui se révèle capable de soutenir un film aussi fort sur ses jeunes épaules. Il est bluffant, et confirme que certains talents ne peuvent se révéler qu’au contact de grands metteurs en scène.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 21:01

"Cosmopolis": Cronenberg signe une critique cérébrale du capitalisme contemporain

CANNES, France - Un écrivain visionnaire, connu pour ses romans denses, difficiles et réputés inadaptables. Un cinéaste célèbre, dont les oeuvres souvent dérangeantes témoignent d'une fascination pour la métamorphose et les névroses de la société moderne. Une star de blockbuster vampiresque à l'eau de rose, idolâtrée par des millions d'adolescentes prépubères.

Don DeLillo, David Cronenberg et Robert Pattinson. De la collaboration de ce trio improbable est né "Cosmopolis", l'un des films les plus attendus sur la Croisette, présenté ce vendredi au Festival de Cannes et dans les salles en France.

Dans un New York en ébullition, l'ère du capitalisme touche à sa fin. La visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan. Des manifestations monstres bloquent les rues de la mégalopole gangrenée par la pauvreté et la révolte des plus démunis. Au coeur de cette ville en tumulte, Eric Packer (Robert Pattinson), golden boy de la haute finance, n'a qu'une seule obsession: se faire faire une coupe de cheveux chez son coiffeur à l'autre bout de Manhattan.

Malgré les mises en garde de son garde du corps, le jeune trader s'engouffre dans sa limousine blanche pour atteindre son objectif futile. Au cours de son trajet, il accueille tour à tour divers personnages dans le huis clos aseptisé de sa voiture de luxe: ses collaborateurs, Shiner (Jay Baruchel) et Torval (Kevin Durand), sa jeune épouse frigide Elise Shifrin (Sarah Gadon), ou encore sa maîtresse Didi Fancher (Juliette Binoche).

Au fur et à mesure de la journée, le chaos s'installe, et Packer assiste, impuissant, à l'effondrement de son empire provoqué par ses spéculations boursières sur le yuan. Le capitaliste cynique, mu par la compétitivité et le confort matériel, sombre peu à peu dans la suspicion et la paranoïa, certain qu'il sera bientôt assassiné. Quand? Où? Comment? Nul ne sait. Cloîtré dans sa limousine, Packer, robot déshumanisé des temps modernes, s'apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie...

Publié en 2003, "Cosmopolis", roman éponyme de Don DeLillo, avait été à la fois critiqué et encensé. Pour adapter cette oeuvre philosophique et apocalyptique, David Cronenberg a choisi de respecter à la lettre le travail de l'écrivain américain, en reprenant ses dialogues mot pour mot, sans rien changer, ni ajouter.

"Le roman est étonnamment prophétique et pendant qu'on réalisait le film, il arrivait des choses qui avaient été décrites par le roman, Rupert Murdoch s'est fait entarter, bien sûr il y a eu le mouvement 'Occupy Wall Street', après la fin du tournage", confie David Cronenberg. "DeLillo a une vision remarquablement clairvoyante de ce qui se passe et de comment les choses évoluent".

Le roman était prophétique; neuf ans plus tard, le film de Cronenberg, lui, est éminemment contemporain, une réflexion amère sur le pouvoir, l'argent, l'information et l'absurdité d'un monde en déliquescence.

Et pour porter à l'écran l'univers de DeLillo, le cinéaste met en oeuvre une mise en scène subtile qui rappelle ses oeuvres les plus radicales telles "Crash" ou "Spider". Au coeur de ce monde, froid et clinique, Robert Pattinson ("Twilight") se révèle dans un rôle à contre-emploi, celui d'un être détestable et dépourvu d'émotions, sorte de vampire de Wall Street au visage de cire, dominant le monde sans y jamais pouvoir y appartenir.

Au fil de son étrange parade funéraire à travers Manhattan, ce pur produit du capitalisme carnassier redevient peu à peu humain, perdant ses attitudes et ses certitudes pour devenir un être de chair et de sang.

Loin de ses derniers longs métrages grand public ("A History of Violence", "Les promesses de l'ombre"), "Cosmopolis" de Cronenberg ne fera probablement pas l'unanimité auprès des spectateurs. Il est impossible de s'identifier au héros, et difficile de suivre les dialogues denses, à double sens, de portée philosophiques: comme l'ouvrage de DeLillo, son film s'apparente à une oeuvre d'art abstraite qui peut en laisser plus d'un perplexe.

Il n'en reste pas moins que "Cosmopolis" offre une vision unique, complexe et cérébrale, de notre monde moderne, une vision qui ne pouvait être réalisée que par cet immense maître du cinéma qu'est David Cronenberg. Deux jours avant la remise de la Palme d'Or, cette superbe adaptation du roman de Don DeLillo ne fera peut-être pas le même nombre d'entrée que la saga "Twilight" mais elle est en tout cas en bonne place pour rafler un prix dimanche soir lors de la cérémonie de clôture du Festival de Cannes.

la presse canadienne
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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 21:03

Le cas Pattinson

Par Lucid - Le 25 mai 2012

Sortir d’un rôle symbolique de sa carrière n’est pas une chose aisée. On l’avait vu y a 30 ans avec Ford qui se faisait huer à la sortie de Blade Runner (alors qu’il y est fantastique) à cause de son rôle d’anti-héros dépressif alors que le public le voyait comme LE héros, tout juste sortant de Star Wars et Indiana Jones. Plus récemment c’est le cas de Radcliffe que plusieurs générations verront encore et toujours en Harry Potter. Mais Pattinson a la vie dure. Héros dans la pire saga de cette décennie, le monde entier le fustige (à part sa cohorte de fans hystériques pré pubères) à tort et à raison.
C’est aussi pour ça que tout le monde l’attendait dans le nouveau Cronenberg. Les teasers et les bande annonces nous présentaient un film nerveux, poisseux, violent, comme un retour aux sources de notre ami David.

C’est donc là qu’il faut que je vous prévienne. Si vous comptez voir le film, arrêtez-vous ici, allez le voir et revenez. Allez pziout.
Parce que le teaser (complétement dingue) est à mille lieux du film. Est-ce une action volontaire ? Oui surement. Parce que oui ce film va surement décevoir (insérer un édit dans les prochaines semaines). Car là où on imaginait des rats géants dans New-York, du sang sur les vitres, du sexe dans les toilettes, une nervosité incontrôlée, un film nocturne, on se trompait tous. Mais tout le long du film on attend un retournement, que le film parte dans une dimension ultra violente comme on l’avait vu dans History of violence. Mais non, car ça parle. Pendant longtemps. De choses et d’autres, de la vie, de l’ennuie, de la bourse, de la frayeur, de l’argent, du capitalisme. Des fabulations sur notre société et le temps qui passe. Pendant 1h50. Tout ça traversé par les questionnements de Parcker. On ne sait pas vraiment ce qu’il fait dans la vie, on sait qu’il est riche, et que c’est un homme puissant. Il va chez le coiffeur, il traverse la ville alors qu’elle est en effervescence, mais il s’en fout il veut sa coupe. Et il parle donc. Pratiquement qu’en tête à tête, à des gens qui arrivent d’un coup, on ne sait pas toujours qu’ils y sont, et ils partent sans prévenir. Ils s’inquiètent tous pour Packer mais lui veut sa coupe. Et étrangement, avec ce rythme très lent on rentre dans le film, on le suit sans vraiment savoir pourquoi. Bizarre cette histoire.

Je vous vois venir. Et le casting ? criez-vous. Et ben je vous le dis, c’est brillant. Le film repose sur eux, entre les jeunots du début nerveux et joyeux, le garde du corps, Durand qu’on a déjà vu faire ce genre de rôle et qui excelle toujours, sa femme mélancolique à souhait, aucuns acteurs qui déboulent dans cette traversée ne sont mauvais, à part Binoche qu’on voit cinq minutes mais Amalric est parfait en frappadingue. Avec une mention spéciale pour Giamatti désespéré, crédible devant l’impossible. Et Pattinson. Disons-le, il tient un rôle qui peut l’expulser de son carcan d’acteur minable. Avec son air blasé, sa dégaine parfaite de golden boy milliardaire, le rôle lui colle à la peau et il montre enfin qu’il peut faire autre chose qu’une endive pâle qui se fait passer pour un vampire. C’est plaisant.

Du coup, on est déçu mais heureux. On voulait de la surenchère et on a eu une sorte de huit-clos calme et réfléchi. On voulait de la débauche et on a des conversations quasi mystiques. Un film qui cache une aura mystérieuse et indéfinissable. Une réussite.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 21:15

Cosmopolis

note : 4 étoiles

Les deux meilleurs films de la compétition cannoise 2012 se passent dans une limousine. Cosmopolis et Holy Motors ne parlent pas de la même chose mais ils ont pour toile de fond une forme de déclin. Holy Motors narre la mort du cinéma avec un panache fou et Cosmopolis la fin du capitalisme avec un esthétisme et une intelligence du dialogue inouïe. La limousine est le symbole même de ces industries qui ont été détachées de leurs racines pour devenir des bêtes multiformes incontrôlables.

Dans Cosmopolis, Eric Parker (Robert Pattinson), golden boy de la finance voit son monde s'effondrer alors que la visite du Président des Etats-Unis paralyse les rues de New York. Sa seule obsession : se faire couper les cheveux à l'autre bout de la ville. Mais dehors la révolte gronde, confortablement installé dans son bureau cercueil blanc, il pressent sa fin, toute proche. Un contrat est en effet posé sur sa tête.

En adaptant le livre de Don Dellilo, Cronenberg a réussi son pari. Visuellement époustouflant, la mise en scène parfaitement maîtrisée notamment à l'intérieur de l'habitacle de la limousine, les ambiances et dégradés de couleurs des scènes extérieures (comprenez en dehors de la voiture), la finesse des interprétations. Tout est prodigieux. Retrouvez Pattinson dans ce type de rôle, intériorisé, froid et lucide, presque dépressif n'a rien de surprenant. Si sa partition est parfois inégale notamment face à des monstres comme Giamatti ou Binoche, il semble s'approprier par son physique pâle toute la gravité du rôle.

Le plus saisissant dans le film, c'est la finesse de la métaphore dans l'univers clos de la limousine où Eric Parker où il reçoit ses rendez-vous d'affaires, baise, évalue le cours du Yuan dont il a parié sur la dépression du cours et envisage sa mort comme la conséquence inévitable de la dégringolade de son empire. Comme dans Holy Motors, les riches qui ont grandi sur le dos du peuple doivent payer, mais c'est ici plus subtile. Il y a dans le livre de Dellilo, fidèlement adapté au dialogue près, une réévaluation de ce lynchage du monde de la finance. Les riches ne doivent pas mourir uniquement mourir parce qu'ils sont riches mais parce que le monde ne veut pas du futur, parce qu'il se referme sur lui-même. La scène de dialogue dans un appartement infâme entre Giamatti et Pattinson est un sommet du genre. Les idées préconçues sur le sujet sont balayées avec un cynisme ébouriffant.

En dehors de l'intelligence du scénario réécrit par Cronenberg, c'est surtout la maîtrise visuelle qui fait de Cosmopolis une petite merveille de cinéma minimaliste. Les tons froids et bleus de la limousine où la caméra navigue en toute liberté pendant que dehors le chaos brûle la ville. Travelling depuis l'intérieur de la voiture sur la rue en ébullition où des moines vietnamiens s'immolent par le feu et où les manifestants démolissent la carlingue et la taguent comme un mur de la ville, expression d'un art de la rue réapproprié.

La froideur mécanique de la dépression et de la volonté suicidaire (partant d'un constat froid et lucide de la situation) d'Eric Parker se traduit ensuite dans cette volonté de destruction personnelle, une coupe de cheveux à moitié réussie, des coïts sexuels dont il se détache comme s'il ne s'était rien passé, une cour à sa promise à laquelle il ne croit pas, enfin un climax près d'un terrain de basket ball dans la nuit du Bronx où il échoue, redevenu un anonyme et une cible facile.

Cosmopolis est sans doute le film sur le déclin du monde financier le plus réussi et c'est avant tout grâce à sa lecture non littérale du phénomène. David Cronenberg réalise un de ses meilleurs films où l'ambiance devient aussi importante que le rendu visuel, où la métaphore est intégrée dans le récit jusqu'à un point où elle n'est plus dénonçable. Toutes les séquences sont de valeur égales, tout est lié, permettant au récit d'avancer vers sa conclusion annoncée. Cosmopolis est un objet filmique d'une maîtrise totale.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 21:32

Cosmopolis : La critique

Bla bla bla... bon sang ce que c’est bavard !

Evidemment, quand le postulat est de "partir des dialogues du livre"...

De son propre aveu David Cronenberg a littéralement recopier les dialogues du livre pour "ensuite remplir les trous" ... Très bien. C’est un angle de vue intéressant et un point de départ. Ce qui n’était pas évident à trouver selon l’auteur du livre qui prétendait que son bouquin était impossible à adapter. L’unité de lieu : une limousine.

C’est vrai, c’est un peu limitant.

Pour autant Cronenberg ne s’est pas découragé. Il est tombé sous le charme de cette rhétorique et s’est ingénié à lui donner une forme cinématographique.

Il voulait ne pas faire un film facile. C’est réussi. "Surtout pas prédigéré", ne pas faire dans le pur consommable. Là c’est sûr, on est au bord de l’indigestion. Et loin de la "pure consommation".

C’est le danger de l’introspection. Il faut vraiment s’attacher au personnage pour oser pénétrer aussi loin dans son intimité et le problème c’est qu’on fait connaissance au fur et à mesure, qu’on n’a pas eu le temps d’avoir une bonne raison de vouloir en savoir plus.

Tout ça part très vite en vrille et si l’ensemble paraît plutôt "rock’nroll" ça ne maquille pas l’aspect par trop complexe du propos. Amplement littéraire. On nous lirait le livre à l’oreille en passant les images, l’effet serait le même !

Bien sûr, le film est bon dans sa facture. c’est toujours un régal de visionner le travail toujours très esthétique de David Cronenberg. Je crois que c’est uniquement pour ça que je suis restée jusqu’à la fin. Mais j’avoue que le temps m’a paru long. Les tirades, pour le coup, très étirées...

Si un tour en "limo" vous tente.

unificationfrance.com
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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 21:33

Shocked toute cette lecture à ratraper Elsa

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 21:36

Critique Cosmopolis

Que le spectateur moyen oublie vite la bande-annonce cadencée qui sert de promo arnaque à Cosmopolis. Le dernier Cronenberg en date, est lent, mou, bâti dans le silence et une succession de sketches-entretiens où le mot l’emporte toujours sur l’action périphérique que l’on entrevoit à distance, à travers les vitres d’une limousine bunker. Oui, l’adaptation du livre manifeste de Tom DeLillo est à l’opposé du fantasme cinématographique que son distributeur essaie de vendre, puisqu’il s’agit d’un pur film d’auteur, entièrement cérébral, qui nous cloître dans le néant de l’affect d’un géant de la finance de 28 ans, un jeune loup milliardaire qui possède matériellement tout mais dont l’existence est aussi aseptisée qu’un caisson de bronzage. Dans notre contexte de crise financière qui perdure et dans l’obsession pessimiste de l’humanité pour la fin des temps, la métaphore d’une finance assassine qui fait basculer le monde dans le chaos, est filée tout au long de la course du golden boy Erick Packer, qui prend sa limo pour aller se faire une petite coupe de cheveux à l’autre bout de la cité. Si les dialogues, parfois un peu assommants et pas toujours passionnants, semblent à la première lecture un peu abscons, le fil conducteur lui ne l’est pas... Le message sur un Wall Street scientifique entièrement tourné vers l’avenir à travers la spéculation sans scrupule pour ceux qui vivent le présent est martelé ; mais Cronenberg ne perd par le nord et s’amuse à y intégrer tous ses thèmes récurrents, médicaux, organiques, cérébraux alors que le monde des affaires brise les icones pour s’ériger en nouvelles chapelles, à l’image des images cathodiques dans Videodrome ou des jeux vidéo dans Existenz.

C’est extrêmement bien fichu, avec un décor central de limousine high tech magnifié par la caméra clinique du réalisateur ; à l’aise dans cet intérieur atypique qui lui sied bien, il en fait un véritable organisme où son occupant mange, boit, s’ébat et urine, alors que des invités s’installent pour lui tâter la prostate (scène culte d’un érotisme décalé) ou philosopher sur le sens des affaires. On finit dans une demi-heure de huis-clos un peu déconcertante, aux portes de la folie pure, mais une folie intimiste qui abandonne le monde extérieur pour un duel verbal un peu tordu... On reconnaît les intérieurs crasseux et jaunâtre des productions sulfureuses d’antan. Cela en a un peu l’odeur nauséabonde, sans pour autant en avoir la savoureuse perversion qui est ici contenue. Même l’esthétique métallique du véhicule de luxe n’est pas sans rappeler les ferrailles scandaleuses de Crash où la chair et le métal fusionnaient dans le sperme et le sang, lors d’accidents provoqués volontairement.

Finalement dans cette oeuvre où le contexte sonore intervient peu malgré le désordre apocalyptique s’installant dans les rues de Manhattan, on ressort un peu engourdi, emmitouflé entre les murs capitonnés d’un film sans trop de surprise, sinon celle de révéler un comédien formidable... Robert Pattinson dont le regard un peu vitreux et le peu d’aisance à sourire, trouve un bien bel écrin dans cet enfer métallique aux allures de pierre tombale.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 21:55

La déception «Cosmopolis» de David Cronenberg

Cosmopolis de David Cronenberg était très attendu sur la Croisette. Mais le nouveau film du réalisateur canadien, en lice pour la Palme d’or, est une grande déception. On est loin de A History of Violence (2005). La grande fresque annoncée, qui nous éclairerait sur le terrible monde rongé par la finance, se termine en petit tableau de scènes convenues. Les rues de New York restent aussi abstraites que le déploiement de l’histoire.

La projection de Cosmopolis à Cannes tournait en une sorte d’humiliation en direct pour David Cronenberg. On ne parle pas de la scène de sexe pâle à l’arrière de la voiture. Une prestation presque gratuite d’une Juliette Binoche, assise sur le boss, qui est à mille lieux du lâcher prise de Nicole Kidman dans The Paperboy. On ne parle pas non plus des balles tirées qui traversent une tête et une main, mais pas notre esprit.

La confrontation qui tue se trouve tout au début. Le film s’ouvre sur exactement la même extra-longue limousine blanche qui sert comme bureau qu’on avait déjà vu deux jours auparavant chez Leos Carax dans Holy Motors. Et Cronenberg met à son héros la même question dans la bouche : « Mais où se garent toutes ces limousines pendant la nuit ? » Là aussi, Carax avait déjà donné une réponse cent fois plus créative et originale. Troisième coïncidence : on assiste chaque fois à 24 heures dans la vie d’un héros. Une vie qui se passe dans les deux films où les scènes se déroulent essentiellement dans la voiture. Différence notable : chez Carax, les changements proviennent de l’intérieur de la voiture, chez Cronenberg, ils sont provoqués par l’extérieur. Carax créé un univers, Cronenberg subit le monde qu’on vit. Cosmopolis s'avère ringard et dépassé, Holy Motors glorifié.

Son épouse éphémère, une écrivaine issue d’une famille ultra riche, donne la meilleure définition du personnage principal, Eric Michael Packer (Robert Pattinson), l’un des golden boys de Wall Street : « Ton travail est de changer l’information en quelque chose de terrible. »

« Un spectre hante le monde »

L’action du film est encadrée par deux séquences : au début, des manifestants crient le manifeste du Parti communiste : « Un spectre hante le monde ». La séquence finale montre un tableau abstrait de Mark Rothko : rouge, noir, bleu. Entre la peinture et la manif, il y a une énumération de personnages (le médecin, le garde du corps, l’amante, l’experte en théorie…) et de lieux communs sur le monde actuel : la catastrophe qui s’approche, la maladie qui transforme, le président qui sera assassiné, la finance qui gouverne et chute après, les rats qui conquièrent le monde, le trader qui vit dans sa bulle et « baise » à chaque coin de rue. Le sexe comme l’antidote d’une vie pourrie. Seule exception remarquable : quand l’entarteur André Petrescu (Mathieu Amalric, formidable) colle à Packer une tarte à la crème et un long discours politique inouï.

Le trader parle de sa maison avec deux ascenseurs (il écoute Erik Satie dans l’un, le rappeur soufi Brutha Fez dans l’autre) et de la chapelle avec 14 tableaux du peintre Mark Rothko qu’il veut absolument acheter, à n’importe quel prix. Hélas, le directeur du FMI est assassiné en direct à la télé pendant qu’il parlait du yen surévalué et de l’instabilité de la devise. La Bourse s’écroule, le trader a tout perdu, mais se sent bien comme jamais. Fini l’époque où un mystérieux « centre » et des yoctosecondes, ces quadrillionièmes de seconde, dominaient sa vie. Aujourd’hui, il n’a qu’une seule obsession dans la tête : traverser New York, paralysée par la visite du président des Etats-Unis, pour aller chez le coiffeur.

Le film multiplie les séquences et grouille de citations et dialogues très pertinents, empruntés du roman éponyme de l'Américain Don DeLillo : « On s’élève sur un mot et on chute sur une syllabe », « Fallait écouter ta prostate asymétrique », « La vie est trop contemporaine », mais l’enchaînement de bons mots sur une mise en scène froide et lisse ne produit ni d’effet ni de sens.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 22:12

Cosmopolis : Direction la palme d'or ?

Ce film n’est pas pour rien dans la compétition cannoise mettant en avant des dialogues entre personnages qui philosophent sur l’argent, le pouvoir et la vie dans une contexte complètement décalé. La longueur de ces dialogues est renforcé par le lieu quasi unique de la limousine, le tout donnant un rythme assez lent au film. Quelques personnes n’ont pas su tenir jusqu’à la fin de la séance et sont parties avant. Malgré tout Cosmopolis reste une bonne réflexion sur l’argent et le monde de la finance

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 22:33

pour toutes ses critiques

et bien c'est soit ils adorent, c'est génial, c'est brillant, soit ils détestent et sont déçu...c'est bien pour ça que je continue à ne pas me fier au critique et que je me fais mon propre avis...

mais quand même si le film est à canne ce n'est pas pour rien non plus....
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Sabine
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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 23:51

Le palmomètre du 25.05.2012 des critiques cinéma pour le grand journal

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo


source : canalplus.fr

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Ven 25 Mai - 23:56

Elsa bon c simple je ne lis que les critiques positives et dans le doute
je survole!

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 0:20

Sur Europe 1 dans l'émission de Ruquier cet après midi, Monique Pantene (pas de première jeunesse mais bon...) a dit que Rob était bien courageux d'avoir joué dans ce film car c'était une grosse m---- incomprehensible et sans queue ni tête mais qu'il y était très bon....

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 1:07

l'essentiel c qu'elle dise qu'il est trés bon mais on peut toujours lui conseiller
d'y retourner, peut-être qu'elle comprendra mieux lol!

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 1:29

les filles
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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 5:06

Robert Pattinson dans « Cosmopolis », ou l'inattendue métamorphose du freluquet sur la banquette arrière de Cronenberg

Alain Riou a récemment fait l’éloge du sommeil en projection cannoise. Sans le contredire tout à fait – l’argument du spectateur littéralement bercé par l’œuvre d’un cinéaste aimé se défend amplement – tous les sommeils, hélas, ne se ressemblent pas. Celui qui hacha mon visionnage de « Cosmopolis », sans doute le film que j’attendais le plus du festival, n’avait rien d’une marque de confiance à l’égard de Cronenberg et sûrement pas un acte manqué (au sortir de la salle, le film a beaucoup déçu une large part de critiques auto-proclamés éveillés qui comptait notamment des fans de Cronenberg). Non, il s’agissait là d’un épuisement tout bête et archi contreproductif qui, sans confisquer absolument toute certitude critique, interdit l’exercice du survol global - à Cannes, c’est pourtant bien pratique.

Alors que peut-on dire de « Cosmopolis » ? Qu’il s’agit après « History of violence » et « Dangerous method » d’une nouvelle leçon de synthèse, tant le film paraît fluide, d’un seul bloc alors que la structure du roman de Don De Lillo, (un yuppie richissime fait défiler une galerie de personnages dans sa limousine) et son estampille d’œuvre visionnaire auraient amené n’importe quel cinéaste sur une pente diamétralement opposée – celle d’un film interminable, emballé comme une saga. La durée même du métrage (1h48) est une preuve flamboyante de ce côté affûté, presque athlétique, surtout par comparaison avec le tout venant de la sélection officielle qui associe presque mécaniquement ambition artistique et dilatation du temps – n’est ce pas Cristian Mungiu ? Vraiment, la performance n’est pas anodine, tant le récit, concentré à 90 % sur la banquette arrière de la limousine de Pattinson, aurait pu fixer la mise en scène sur des rails monotones. Au passage, on notera cette année que Cannes a consacré le genre du huis clos mobile, tant la structure de « Cosmopolis » renvoie aux déambulations d’« Holy motors » (en limo déjà) voire au trajet en bus du Michel Gondry présenté en ouverture de la Quinzaine. Trois bons films, sinon mieux.

Autre prouesse de « Cosmopolis », inoculer au freluquet Robert Pattinson, d’habitude translucide, une puissance magnétique insoupçonnée. La performance est d’autant plus remarquable que le cinéaste ne prend jamais sa star à contre-pied, élevant juste son niveau : une présence sobre façon Eastwood ou Mortensen, autre comédien fétiche de Cronenberg que Pattinson évoque terriblement ici, comme un petit frère spirituel - pour ce visage à la fois poupon et osseux, ces mâchoires saillantes, cette dimension éthérée et métrosexuelle. Le reste, comme ce finale si contesté par les confrères, mérite clairement une nouvelle projection, dopée cette fois-ci au calme et au Guronzan.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 5:14

Cosmopolis : Cronenberg dans les entrailles de la surface

« Où vont les limousines la nuit ? » demande au cours du film le personnage principal Eric Packer (Robert Pattison, l’Edouard Cullen de la fameuse saga Twilight). Depuis Holy Motors de Leos Carax, également en compétition, ce n’est plus un secret : on les gare sagement, elles bavardent un peu, poussent quelques bâillements, émettent quelques « bip bip ! » avant d’éteindre la lumière. Avec la frénésie de projections, un festival est une sorte de film-fleuve très inégal, avec ses hauts et ses bas, et l’occasion de d’échos et correspondances. Comme dans la grande œuvre de Carax, Cosmopolis (adaptation du roman éponyme de Don DeLillo) suit la journée d’un homme dans une limousine. Ici Packer déambule dans les rues de New York secouées par une insurrection qui siffle la fin de partie de l’ère capitaliste. Alors que Denis Lavant rebondit prodigieusement d’un personnage à l’autre, Pattison n’est qu’un, et même peut-être personne ; le monde dont il est l’un des princes se trouve en phase d’écroulement. Cette logique de l’évidement de l’Être tient dans sa quête absurde : se rendre chez son coiffeur pour se faire rafraîchir la nuque. Ceci alors qu’une menace gronde, celle d’être refroidi : Packer est en effet convaincu qu’un contrat pèse sur sa tête.

Après A Dangerous Method, Cosmopolis confirme que David Cronenberg est entré dans de nouvelles recherches après avoir disséqué l’humain par le biais de l’hybridation entre organisme et machines (Videodrome, ExistenZ), du surgissement violent des entrailles et de la chair (Le Festin nu, Crash). Comme dans son précédent film, Cosmopolis est un film parlé par des corps tourmentés. Un bouillonnement s’agite sous la surface de l’épiderme. On peut considérer que l’auteur de La Mouche travaille désormais sur la rétention de la violence plus que sur son expression. Le désordre n’est plus extérieur, il demeure très peu formulé en étant largement maintenu dans une intériorité, hors-champ – lieu précieux de l’imaginaire du spectateur. La timidité de l’accueil à l’applaudimètre lors de la séance matinale cannoise tient sans doute à l’aspect déceptif d’une œuvre qui semblait promettre le retour de Cronenberg à la violence explicite : scènes d’hystérie collective et têtes des grands de ce monde plantées au bout d’une pique.

Cette dimension déceptive rend pourtant Cosmopolis d’autant plus passionnant. Ainsi, il instaure une dialectique entre intériorité et extériorité qui vaut aussi pour l’autre corps du film : la limousine dotée d’un vaste habitacle sophistiqué où le rapport au monde est filtré par la technologie digitale. Comme Holy Motors – décidément ! –, Cosmopolis entretient un rapport ténu avec la virtualisation de la réalité. Telle une dernière Arche de l’ère finissante, le monde se cogne à ses vitres, à sa carrosserie. Les seules souillures que l’on parvient à lui imposer restent superficielles, cet espace demeure imprenable pour les quidams révoltés – ceci vaut aussi pour le son car les bruits du monde ne parviennent pas à l’intérieur, l’état de surdité est total et d’un effet saisissant. A l’évidence, le personnage est un pendant en chair et en os de ce corps-véhicule. L’extension de cette virtualisation est la dématérialisation des sentiments ; Packer et sa compagne « officielle » se trouvent dans une impossibilité d’aimer, de trouver l’élan d’aller l’un vers l’autre – et l’un dans l’autre par le biais de l’acte sexuel. Dans son état d’insularité autistique, ne reste plus au personnage que le questionnement de son propre corps : le tester dans des coïts tristement jouisseurs, l’abandonner à un médecin concluant à une prostate asymétrique. Et enfin se trouer la main d’un coup de revolver, seule façon de se sentir humain, et d’imaginer un retour à la vie.

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