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 [Cosmopolis] Critiques de la presse

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 5:28

Cosmopolis (2012) - Critique

Note : 5/5

Cosmopolis est déboussolant et contradictoire. Génial et mauvais en même temps, tout dépend de la manière dont on l'interprète. Certains le trouveront ennuyeux, prétentieux et arrogant. D'autres, comme moi le trouveront brillant, exceptionnel et profond. En tous cas, c'est le premier film qui décrit notre société actuelle telle qu'elle est réellement, avec ses excès et tout ce qu'elle comporte. Il est aussi très inhabituel et particulier. Même quand je repense au film, je suis confus au niveau de mes sentiments.

Ce qui peut au début paraître rebutant et inhabituel, c'est son rythme, son style, son réalisme. Le film est quasiment composé entièrement de dialogues, la plupart du temps sans musique. Ces mêmes dialogues sont très particuliers, philosophiques... Le scénario est, à mon avis, absolument excellent. Une majorité de personnes l'ont qualifié de "pseudo-intellectuel", de prétentieux. J'admet qu'il est possible que la compréhension de certains dialogues échappe à certains spectateurs (cela m'est arrivé durant quelques minutes du film), mais c'est parce que le scénario est cérébral. Il s'agit presque d'une thèse philosophique sur notre monde moderne, sur le capitalisme, sur l'humanité... En tous les cas, il divise, ce qui est tout à fait normal. Tout de même pas mal sachant que Cronenberg l'a écrit en 6 jours. Peut-être une palme du meilleur scénario qui sait...


Je dois dire que, côté acteurs, j'ai été complètement bluffé, surtout par Robert Pattinson. Avant ce film, je ne l'aimais pas trop mais là... Il livre une très bonne voire excellente performance dans ce rôle de golden boy paumé, auto-destructeur et brillant qui assiste à l'effondrement de son monde. Son jeu est très intense, très réaliste... C'est un nouvel acteur que j'ai découvert pendant ce film. Pour le reste, Sarah Gadon est très bien (et agréable à regarder, il faut le dire) et Paul Giamatti, excellent aussi.

La mise en scène est très bonne, comme d'habitude avec Cronenberg. Il est ici à son top niveau. Le réalisateur canadien maîtrise parfaitement son film et son rythme. Il fait monter la tension dès qu'il le désire, ce qui contraste avec les scènes de dialogue calmes et paisibles. Ainsi, l'intensité de ces moments est décuplée.

Au final, Cronenberg nous livre un excellent film, peut-être l'un de ses meilleurs, qui divise. Plus que ça, il signe une adaptation du roman de Don DeLillo qui est une réelle étude de notre société. Pour moi, Cosmopolis est un chef d'oeuvre, tant par son propos que par sa réalisation et surtout son scénario, et mérite un prix à Cannes, peu importe lequel. D'autres penseront exactement l'inverse de ma critique mais bon, cela n'est pas de mon ressort. Allez vous faire votre propre opinion !!

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 5:31

Critique : « Cosmopolis » de David Cronenberg

Note : 2,5/5

On préfère vous prévenir dès maintenant, ce film n'est pas grand public. Il est fort possible que bon nombre de personnes non prévenues sortent de la salle, comme ce fut le cas pendant les projections à Cannes.

Le synopsis pourrait être trompeur, il ne faut pas s'attendre à un film d'action où le héros à la Jack Bauer lutterait pendant 24 heures pour sauver sa vie et son empire.

Il s'agit plutôt d'un film d'auteur cérébral à cause des dialogues complexes (issus directement du livre de Don DeLillo) liés à la réflexion philosophie sous-jacente.

Personnellement, nous avons été séduits par la mise en scène impeccable de David Cronenberg qui doit faire preuve d'originalité pour filmer ce huis clos dans la limousine. Il bénéficie aussi d'une très belle photographie.

Par contre, le film est beaucoup trop bavard et laisse par moment, le spectateur sur la touche.

Vous êtes maintenant avertis.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 5:54

COSMOPOLIS, la critique

Dans un New York en ébullition, l'ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

"CARROSSE DE LUXE POUR L'ENFER"

Si Drive avait suscité grand intérêt l'an dernier au Festival de Cannes, la voiture est à nouveau à l'honneur cette année avec le très attendu Cosmopolis, et donc le retour de David Cronenberg à un cinéma cru qui a fait sa notoriété depuis de nombreuses années.Et c'est à bord d'une limousine qu'il fixe son film,non pour raconter une histoire,mais plutôt établir un constat philosophique du déclin,car la base de Cosmopolis est bien l'effondrement du capitalisme vu à travers Eric Packer,symbole même de cette caste puisque magna de la finance,dont la vie bascule pour cette raison,découvrant ainsi la véritable liberté une fois avoir tout perdu et être menacé de mort.

Tout n'est ici qu'affaire de dialogues sur lesquels le film repose littéralement. Des dialogues intelligemment complexes pour lesquels chaque protagoniste secondaire que rencontre le personnage de Robert Pattinson livre sa version du déclin, agrémentée de quelques phrases et expressions cultes, comme si chacun devait fournir un indice sur la voie à emprunter pour Eric Packer ; le tout dans ce décor luxueux qu'est l'intérieur d'une limousine, telle une carapace protectrice, mais qui ne peut assurer cette fonction éternellement. Et c'est là que le talent de metteur en scène de Cronenberg se révèle, lorsqu'il traduit une atmosphère dérangeante et chargée en insistant sur l'aspect lugubre de la richesse et où il revendique la plus grande attention du spectateur sur ce qui se passe à travers les fenêtres du véhicule plutôt que sur le premier plan, soit donc l'intérieur, de manière à imager les dialogues. Une mise en scène typique du réalisateur, nerveuse, enrubannée de décadence sexuelle et de violence morale pour appuyer davantage sur le ton du film.

On connait aussi Cronenberg pour être maitre à livrer des thèmes ou messages subtils à travers ses films. Avec Cosmopolis, il n'en est que plus vrai. Puisque ici, l'effondrement du capitalisme signifie la déclaration de mort pour celui qui a profité. Une déclaration certes métaphorique mais qui pourrait très facilement se détacher de cet aspect pour s'apparenter à la mort physique, à l'image de certains acteurs du Crack de Wall Street de 1929. Il est donc intéressant de voir évoluer dans pareil contexte un acteur comme Robert Pattinson (qui livre par ailleurs une de ses meilleures prestations), en personnage que rien n'atteint tel une statue de marbre et qui décide de profiter de tous les plaisirs interdits tout en poursuivant la route qui le mène à son jugement dernier assumé. Un charisme certain pour un acteur de talent qui souhaite se détacher de sa réputation taillée 100% midinette.
S'il est une chose que l'on peut regretter, c'est la séquence finale. Car bien qu'assez pointus à l'origine, les dialogues globaux ne sont rien face à ceux de cette scène ultime qui tangue vers le trop complexe et le rébarbatif quand il y avait moyen de faire irrémédiablement plus simple. Mais on appréciera néanmoins les quelques dernières secondes où la tension monte crescendo pour souffler le spectateur, usant des sonorités mélodiques d'Howard Shore justement exploitées ça-et-là afin de conserver la tension brute du film.

EN BREF :

Si Cosmopolis ne fera définitivement pas le bonheur de tous, il s'inscrit néanmoins avec fidélité dans la liste des films de David Cronenberg. Les amateurs devraient donc apprécier sans trop de mal. Un film dur de réflexion qui réussit de manière magistrale à faire ce qu'aucun ne parviendrait à faire : vendre des thématiques communes de la mort et des chiffres avec un sens philosophique.

NOTE: 15/20

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 5:58

Critiques Cinéma : Cosmopolis - ( 1h48min )

Note : 18 / 20

Certainement un des films les plus attendus en cette année 2012, «Cosmopolis» est enfin sorti dans les salles obscures et marque le retour de David Cronenberg depuis «A dangerous Method» qui en avait déçu plus d'un. S'armant d'un casting inquiétant, le choix de Robert Pattinson en a intrigué énormément. L’œuvre est encore une énième adaptation, mais d'un roman éponyme de Don DeLillo (que je n'ai malheureusement pas lu) . Espérons que les fans du livre ne soient pas déçus par cette adaptation, car elle est étonnante et incroyable. A la vue de la bande annonce, le spectateur s'attendait à une espèce de bouillie visuelle, pourtant ce n'est pas du tout le cas. La mise en scène est très moderne et électrique mais la caméra est stable en mettant en valeur tous les fabuleux décors et les impressionnants acteurs. Acteurs qui sont ici, tout simplement excellents. Peut-être bien la meilleure performance de Robert Pattinson à ce jour, il est surprenant et magistral, il a complètement cerné son personnage. Sarah Gadon est d'une grâce époustouflante et l'apparition de Juliette Binoche illumine l’œuvre par sa beauté .Kevin Durand s'impose et arrive à livrer une bonne prestation lui aussi comme l'ensemble du casting, le réalisateur dirige très bien ses acteurs. Et comme David Cronenberg est également scénariste, nous pouvons affirmer également qu'il a un talent d'écriture extraordinaire. Il crée une philosophie sur le monde et son système actuel totalement ahurissante et rendra parfois le spectateur à la limite de la paranoïa avec ses idées loufoques qui s'enchaînent rapidement tout en ayant un rythme très calme et posé. Une deuxième vision s'impose sûrement vu la richesse scénaristique et les dialogues pas toujours faciles à comprendre, mais «Cosmopolis» est un chef d’œuvre technique, scénaristique et même philosophique, l’œuvre franchit parfois la réalité pour laisser place aux fantasmes et aux rêves, ce qui n'est pas plus mal car le long métrage en gagne en qualité, une brillante réussite .

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 8:09

Sous l'égide d'un trio de cinéastes engagés, la barbarie à visage humain contamine la Croisette

Les politiques feraient bien, de temps en temps, d'aller faire un petit tour dans les salles de cinéma. ...

Y palper l'humeur de la planète, la scruter telle qu'elle se reflète dans le regard des artistes et de la majorité silencieuse. Certes pas ces gens de cinéma qui n'aspirent qu'à vivre à Los Angeles et d'être assujettis au système hollywoodien, mais plutôt ceux qui filment comme ils respirent et espèrent encore que l'art peut contribuer à bouleverser la société.

Hier encore, à Cannes, le temps n'était pas au beau fixe sur les écrans ravagés par le virus du néant existentiel.

Le premier à s'en inquiéter se nomme David Cronenberg qui, en ce domaine, en connaît un bout. La Mouche, c'est lui.

Chromosome 3 aussi. Crash idem. Le voici aux commandes de Cosmopolis, d'après le fameux roman de Don DeLillo qui, il y a onze ans déjà, prophétisait la crise financière et les tourments qui en découlent.

Sorti en salles simultanément à sa présentation cannoise, le film continue dans la voie que le festival semble s'être, cette année, fixée : prendre le pouls de la planète, surtout depuis que cette dernière a commencé à basculer dans le chaos.

Sa structure narrative calquée sur celle du Leos Carax - une limousine blanche ne s'arrêtant que pour permettre à son occupant de répondre à des rendez-vous - Cronenberg dresse un état des lieux qui fait froid dans le dos et ne doit rien au genre fantastique.

Robert Pattinson,dans la cour des grands

La réalité glaçante dont il est ici question est celle que perçoit un jeune homme d'affaires qui un jour d'émeutes décide de traverser New York en voiture blindée. Direction ses associés, son médecin, sa femme, sa confidente, sa prostituée, son rappeur, son coiffeur... La présence au générique de Robert Pattinson - hier vampire, aujourd'hui psychopathe - sur lequel se greffent nombre de figurants de luxe (Binoche, Amalric, Giamatti) participe grandement de l'étrangeté de l'objet. Avec éclat, la star de Twilight bascule ainsi dans la cour des grands.

lavoixdunord.fr
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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 8:13

Elsa

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" La frénésie que je suscite aujourd'hui ne me fera jamais oublier les horreurs que j'ai pu lire a mon sujet " Robert Pattinson"
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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 8:18

"Cosmopolis": trop long, trop bavard, trop théâtral





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http://www.nicematin.com/derniere-minute/cosmopolis-trop-long-trop-bavard-trop-theatral.881587.html
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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 8:44

Cosmopolis : quand Cronenberg immole l'icone Pattinson (critique)

Il n’est pas déplacé de dire que la projection de Cosmopolis de David Cronenberg était attendue par les festivaliers comme le messie. Beaucoup espérant trouver ici la claque de cette 65ème édition du Festival de Cannes. Nous l’avons vu. Qu’en avons-nous pensé ?

A n’en pas douter Cosmopolis est bien du Cronenberg. En adaptant (assez fidèlement) le roman de Don DeLillo, le réalisateur canadien trouve un matériau à sa hauteur. Récit hypnotique et philosophique Cosmopolis pourra en surprendre plus d’un. Sous forme de huis-clos mouvant (la quasi-totalité du film se déroulant dans la limousine), le film apparait excessivement bavard dès le départ et le spectateur devra faire l’effort de s’y atteler, d’autant qu’il faut bien avouer que la bande-annonce ne fait pas réellement la lumière sur l’affaire.

Cosmopolis se mérite. Il me faudra d’ailleurs penser à le revoir une seconde fois (au moins) pour réellement cerner tous les méandres et la densité du nouveau film de celui à qui l’on doit A History of Violence et eXistenZ. Tout au long de son parcours intérieur, Eric Packer (Robert Pattinson) verra défiler, dans sa bulle, différents personnages qui cimentent sa vie. Nous y retrouverons ainsi Jay Baruchel, Juliette Binoche, Samantha Morton, Sarah Gadon, Mathieu Amalric pour se terminer avec l’apothéose Paul Giamatti. Ces rencontres capitonnées se feront (pour la plupart) dans la limousine elle-même où Eric assiste au spectacle d’une société qui explose, le monde des autres, celui qui n’entre jamais dans le sien.

David Cronenberg porte un regard sans concession sur notre Monde dont les racines du mal se trouvent clairement dans un capitalisme ravageur, déshumanisant et glacial. Au fur et à mesure de ces dissertations longues et appuyées (un véritable danger pour le spectateur qui pourrait s’y perdre), Eric Packer sombre doucement et cours à sa chute. Une chute salvatrice, ou du moins source d’une redécouverte de la réalité de l’autre.

Robert Pattinson révèle au grand jour que le cinéma ne s’est pas trompé en le lançant sur l’orbite midinettes. Il aura fallu ce parcours pour que le jeune homme dévoile à tous ses qualités de comédiens et ses choix pertinents. Magistral le gamin ! Difficile aujourd’hui d’imaginer un autre que lui pour camper Eric Packer (Colin Farrell devait tenir le rôle à l’origine). La justesse de son interprétation est parfaite et mesure idéalement l'ambiguité de son personnage.

Cosmopolis n'aura pas été une claque, mais le choc aura été au rendez-vous ! Le film vous laissera peut-être une impression étrange, comme si vous étiez resté en dehors de la « limo ». Cronenberg n’a pas pris de pincettes et son film demandera au spectateur de s’y abandonner sous peine d’y être hermétique.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 8:48

David Cronenberg entre dans la compétition

David Cronenberg est entré hier dans la compétition avec un film très attendu, "Cosmopolis". Tiré d'un roman de Don DeLillo, le nouveau long métrage du réalisateur canadien est une charge contre le capitalisme. Le palmarès du festival sera connu demain.

La star du jour : Robert Pattinson

L'acteur anglais s'offre un rôle profond dans Cosmopolis de David Cronenberg. Un rôle très loin de ses apparitions dans Twilight, saga autour des vampires qui a connu un succès planétaire. Cette fois ci, il incarne Eric Packer, un golden boy de la haute finance. Robert Pattinson se révèle dans ce rôle à contre-emploi, sorte de vampire de Wall Street au visage de cire, qui tente de dominer le monde sans jamais pouvoir y parvenir. Ardu, complexe, le film risque de dérouter de nombreux spectateurs. Il est toutefois en bonne place pour rafler de nombreux prix à Cannes.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 9:01

Cosmopolis : David Cronenberg et le spectre du capitalisme

On avait laissé la limousine de Monsieur Oscar garée dans le parking du Holy Motors de Leos Carax, on la retrouve toute pimpante et proustée avec le héros de Twilight, Robert Pattinson siégeant en son sein. Faisant fi du Président qui paralyse la ville, d'un cortège funèbre et de manifestations anti-capitalistes, Eric Packer avance lentement sur les routes encombrées de Manhattan, accueillant ici et là sa maîtresse de 41 ans ( Juliette Binoche dans un rôle court, mais percutant), une de ses employés interrompue en plein jogging, son médecin venu lui faire un shake-up, ou encore un action-painter incarné par un Mathieu Amalric improbable, sans oublier ses pauses gustatives avec sa femme, la riche et distante Elise Shifrin. Mais le golden-boy, poussé par sa puissance et son goût de la perfection, glisse inexorablement vers sa perte à cause du yuan qu'il n'avait pas vu venir et sa rencontre finale avec un ancien employé.

En adaptant l'oeuvre de Don DeLillo, David Cronenberg touche à ses thèmes les plus chers, positionnant son cinéma dans un monde post-moderne, touché par la crise et les ravages du capitalisme. De la prose savoureuse de l'auteur américain, David Cronenberg a gardé le rythme haletant et le vocable quasi-philosophique pour mieux dépeindre cette spirale infernale d'un monde hanté par le spectre du capitalisme. L'atmosphère est suffocante, quasi-irrespirable et s'achève dans un chaos final de 22 minutes, orchestré avec maestria par ce cinéaste à l'impulsion visionnaire. L'ensemble est abyssal, dense et d'un pessimisme effroyable.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 10:00

Critique Cosmopolis

Attendu comme le messie ou pas loin sur la Croisette, les festivaliers mettaient tous leurs espoirs dans le nouveau David Cronemberg pour survoler la compétition. Sans être le film qu’on attendait, Cosmopolis n’en reste pas moins intéressant entre critique d’une société capitaliste en chute libre et portrait d’un golden boy désabusé.

Dans un New York en ébullition, l’ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

Avec son affiche mystérieuse et sa bande annonce carrément démente, on avait hâte de découvrir le nouveau film de David Cronemberg. Curieux du scénario et surtout curieux de voir Robert Pattinson dans un autre registre que les films pour ados ou les mélos, on pensait que ce Cosmopolis là pouvait nous mettre une sacré claque.

En un claquement de doigt, David Cronemberg nous transpose dans son univers. Il crée de toutes pièces un univers absolument fascinant et nous montre une Amérique en pleine révolution où la révolte civile n’est pas loin. Comme à son habitude il réussit à créer une ambiance magnétique et nous propose un univers d’une extrême richesse. L’intérieur de la limousine, les agressions en tout genre et les gadgets (armes, produits technologiques … ) sont d’une ingéniosité sans nom. Cronemberg est bien de retour après le très décevant A Dangerous Method.

Pourtant malgré cet univers terriblement envoutant, Cosmopolis en devient très vite très bavard. Alors que la bande annonce nous entrainait dans le sillon d’un film d’action ultra-captivant, force est de constater que Cosmopolis ne lui ressemble en rien. Cronemberg dresse le portrait d’un golden boy qui s’ennuie et tourne en rond. Et ce n’est pas un film en mouvement qui se dessine mais l’introspection d’un homme qui cherche à donner un sens à sa vie ou à sa mort. Cette introspection, intéressante en soi, n’en est pas moins très bavarde et rend très compliqué l’accès au film. En fin de Festival, se concentrer autant pour comprendre les rouages d’un film est juste impossible ! Et en étant dans cette recherche de l’idée et de la phrase parfaites, David Cronemberg se perd un peu en route et s’éloigne de son ambition de départ. La prétention de Cosmopolis est alors agaçante et les propos difficilement crédibles.

Autre agacement l’absence totale d’une vraie histoire. Dans ce Cosmopolis, on va suivre les dernières 24heures (ou pas …) d’un jeune milliardaire et cela s’arrêtera là. David Cronemberg n’explique rien, et ne prend jamais le temps d’aller en profondeur ni au niveau de l’idée de départ ni au niveau de ses personnages. D‘ailleurs, il faut savoir que le seul acteur de Cosmopolis est Robert Pattinson car la présence de Juliette Binoche, de Sarah Gadon ou de Mathieu Amalric tiennent plus de l’anecdote que d’une réelle prestation. Si vous ne supportez pas Robert Pattinson passez votre chemin car il sera question de lui et uniquement de lui pendant 1h40.

La bonne idée de Cosmopolis (et il y en a) c’est de dresser le portrait de ce Golden Boy en quête de vie finalement. Là où nos amis de Sur la Route préféraient la drogue et le sexe, Eric Packer cherche à s’occuper pour tuer l’ennui. Quand il a finit de jouer avec ses millions à placer en bourse, il s’ennuie ferme. Jamais satisfait et jamais heureux il cherche alors d’autres jouets. Cosmopolis c’est alors le portrait d’un homme qui cherche un sens à sa vie. Triste personnage rejeté par sa femme, enfant gâté qui ne renonce jamais quand il veut quelque chose, Eric Packer est un vampire, incapable de ressentir la moindre émotion et la moindre passion. Égocentrique et toujours seul il ère dans une ville en feu cherchant désespérément des occupations. Qu’il s’agisse d’ une coupe de cheveux ou d’un meurtre de sang froid, d’un coït dans une voiture ou d’ un examen de la prostate quotidien, Eric Packer cherche à ressentir des choses. Pourtant quoi qu’il fasse il ne sort jamais de sa torpeur et n’accède jamais au bonheur qu’il espère. Cosmopolis devient alors le portrait d’un homme prêt à mourir pour tuer la morosité de sa vie ne sachant plus quoi faire pour s’occuper. David Cronenberg a eu alors la géniale idée de faire appel à Robert Pattinson pour le transformer de vampire qui brille au soleil en magna de la finance enfermé dans sa limousine, sorte de cercueil sur roue. Robert Pattinson troque alors son costume de vampire pour un autre.

Au delà de ce portrait, c’est toute une société qui est critiquée ici. Une amérique consumériste qui veut toujours plus jusqu’à l’implosion. Là encore David Cronemberg est très inspiré pour nous proposer sa vision de la crise mondiale. Alors que le court du Yen s’effondre, les rats sont devenus monnaies d’échange et les attentas se font à la tarte à la crème ou au couteau au court d’un programme télévisé. Une critique métaphorisée qui fait quelque peu réfléchir sur l’état du monde.

Sans être alors la claque qu’on s’attendait à recevoir, Cosmopolis se révèle intéressant tant dans sa mise en scène que dans son concept. Un peu mou, très bavard, on a quand même l’impression d’avoir été enfermé dans la salle pendant 3heures alors que le film ne dure qu’1h40 …

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 11:06

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 11:32

«Cosmopolis» de David Cronenberg, l'histoire d'un voyage

Ce film, où l'interprétation de Robert Pattinson est sidérante, domine largement la sélection cannoise de 2012.

On appelle ça une «bulle». Ces constructions abstraites qui, sans égard pour le réel, ses duretés et ses contradictions, établissent un espace spéculatif à l’intérieur duquel s’enrichissent infiniment les misérables surdoués de la finance. L’écrivain Don DeLillo, puis le cinéaste David Cronenberg, ont fabriqué la forme visible de cette bulle: une limousine blanche, luxueuse et absurde, dans laquelle Eric Packer, golden boy de Wall Street, reconfigure le monde à son profit, dans le temps réel des écrans et des connections au milliardième de seconde.

Spéculative à tous les sens du mot, la bulle, la grande limo blanche, traverse la ville, d’ouest en est, assignée à un but dérisoire et essentiel: Packer veut aller se faire couper les cheveux. Il veut retourner là d’où il vient, il entreprend, au cours de cette odyssée qui se réfère clairement au chant homérique, de renouer avec des racines, des liens avec le monde matériel, humain, historique, lui qui est devenu à moins de 30 ans un des hommes les plus riches de la planète grâce aux puissances de la virtualité financière. Cosmopolis est l’histoire de ce voyage.

Un seul et immense ballet

Il y a le contrôle: gardes du corps, caméras de surveillance, informations secrètes, armes sophistiquées, analystes et statisticiens. Et il y a le reste. Il y a les activistes de la transgression, et l’intelligence supérieure du film à laisser voir comment ils participent activement de ce qu’ils croient contester et qu’ils espèrent détruire. Karl Marx, auteur d’intéressantes réflexions politiques et économiques au 19e siècle, est ici remis à son tour sur ses pieds: «un spectre hante le monde, le spectre du capitalisme».

Dans la mégapole mondialisée, les profiteurs, les experts, les fous, les intellectuels qui ont tout compris, et pas grand chose, les algorithmes, les marchands d’art et les dealers de chair, les histrions, les victimes, participent d’un seul et immense ballet, dans et hors de la longue voiture qui progresse à travers la cité. Eric P. commande et décide, il se prend pour celui qui dirige.

Il a été ça, un moment, le temps de quelques gestes, comme s’acheter comme épouse une diaphane héritière, poétesse subtile et barbare qui ne veut pas trop consommer le mariage. Mais le monde est plus vaste, plus complexe, plus illogique que ses géniales intuitions de surdoué de la finance.

Un tueur rôde, le président des Etats-Unis traverse la ville, et le convoi funéraire du rappeur soufi Brutha Fez aussi, le docteur livre un diagnostic dont on ignore s’il est bénin ou fatal, Packer ne veut pas acheter un Rothko mais tout le paquet, au-delà de ce qu’aucun acquéreur ne peut s’offrir sur le marché de l’art. Sa fortune, colossale, s’effondre un peu plus à chaque avenue croisée au long de ce qui est à la fois la 47ème rue, à Manhattan, et l’artère même du monde contemporain.

Sidérant Robert Pattinson

Car le monde est là, extraordinairement, dans ce film formidablement abstrait et incroyablement physique, sensuel, sexuel, enfantin. Le monde est là, dans et autour de la machine capitonnée, «proustée» dit Packer qui a des lettres aussi, en mémoire du petit Marcel qui avait isolé du monde son cabinet de travail avec des couches de liège.

Packer, être haïssable, figure théorique, artefact fictionnel, est aussi humain que possible, aussi proche, aussi audible que possible, grâce à l’interprétation assez sidérante de Robert Pattinson, vaillant, charmant, conquérant, tremblant. D’un bout à l’autre du film, l’acteur habite le rôle, et le lieu, comme rarement. A bord de sa limousine ou à son immédiate proximité, les autres interprètes, Juliette Binoche torride et précise, Paul Giamatti théâtral et infiniment troublant, Samantha Morton glaçante et vertigineuse de puissance analytique, Mathieu Amalric fulgurant en entarteur moldo-valaque, les adorateurs du rat totem d’une révolte imaginative et autodétruite, Sarah Gadon tendue par des désirs et des élans que tout l’or du monde ne saurait assouvir, participent de l’improbable espace spectaculaire que construit le film.

Linéaire et circulaire

A la fois linéaire comme un voyage au parcours simple et circulaire comme une danse macabre, introverti à l’intérieur de l’habitacle d’une bagnole ridiculement prétentieuse et balayé par les vents du monde et du réel, l’univers de Cosmopolis fait honneur au meilleur des puissances de mise en scène de David Cronenberg.

Depuis toujours artisan d’espaces paradoxaux où interfèrent et se distordent éléments de réalité et de représentation, l’auteur de Videodrome et de History of Violence déploie avec des moyens qui paraissent d’une grande simplicité, sinon d’une certaine austérité, les ressources d’imagination et de compréhension à la mesure de notre présent. Notre présent commun, dans son opacité, sa violence, ses contradictions, mais néanmoins dans son irréfutable et indépassable, tragique et grotesque être-là.

Et c’est, après l’autre film dont une limousine blanche est l’objet fétiche, Holy Motors de Leos Carax, très clairement le deuxième film à largement dominer la sélection cannoise cette année.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 11:37

History in a limo.

En moins de six mois, David Cronenberg nous a livré deux films majeurs : après « A Dangerous Method » voici « Cosmopolis », sélectionné à Cannes dans la sélection officielle. Ce nouvel opus du canadien, qui depuis « Spider » ne cesse pas de se réinventer, est celui du cinéaste de la mutation et de l'hybridation (« La Mouche », « Videodrome »), du double en tant qu'être ou en tant que monde (« Faux-Semblants », « eXistenz ») et des effets de l'esprit sur le corps (« Spider », « A Dangerous Method »), David Cronenberg adapte le roman de Don DeLillo publié en 2003, et qui a la fameuse réputation d'être difficile à réaliser. Tout autant l'étaient « Le Festin Nu » de William S. Burroughs et « Crash » de J. G. Ballard, et ça ne l'a pas empêché de gagner un prix pour « Crash » à ce même festival de Cannes en 1996, le prix spécial du jury.

La majeure partie du film se déroule à l'intérieur de la limousine d'Eric Packer, alias Robert Pattinson, le vampire de la trilogie « Twilight ». On peut dire que cette limousine, qui nous est dévoilée dès l'ouverture par un long travelling, est le décor du film, l'illustration de cette ville-monde annoncée par le titre, un espace malléable et perméable, « asymétrique ». De la même manière que chez Kiarostami (« Ten », « Le goût de la cerise »), lui aussi en compétition à Cannes avec « Like Someone in Love », la voiture a perdu son pouvoir d'action sur l'image pour devenir un lieu de vie, ou de mort, un « lieu de parole » comme le dit Alain Badiou dans son article « Le cinéma comme expérimentation philosophique ». Dans « Crash », David Cronenberg avait déjà réuni deux recettes d'un film d'action hollywoodien classique, le sexe et les accidents de bagnole, pour produire un film anti-commercial, où l'histoire se soumettait à une répétition clinique, elle s'inclinait face aux sensations pures. Dans « Cosmopolis », la voiture est devenue limousine, son extension capitaliste. Nous avons ici l'impression que le jeune Packer vit dans sa limousine. Il y mange, boit, baise et pisse. Il y reçoit autant ses collaborateurs que ses maîtresses, tous viennent à lui, tous s'écrasent devant lui, puissamment assit sur son trône. Comme le personnage de Juliette Binoche, qui, une fois culbutée, s'éloigne d' Eric en rampant tel un ver de terre.

La limousine d' Eric Packer représente son monde, englobé de la lueur bleue qui émane des écrans digitaux , association de la technologie et du capitalisme, complètement déconnecté de la réalité. La preuve en est son insonorisation, les événements du monde extérieur se transforment en de simples images muettes défilant sur les vitres/écrans qu' Eric allume et éteint à l'aide d'une télécommande, comme s'il zappait la réalité qui l'entoure à sa guise. Ce silence poussé à l'extrême démontre un espace hermétique et amène une intensité incroyable des dialogues entre les personnages, du début à la fin du film. Quand le peuple gronde, tagge la limousine, et même quand il la soulève, la bouscule, rien ne perturbera ce qui se passe à l'intérieur, la frontière entre le dehors et le dedans est infranchissable. Luxueuse, personnalisée, technologique, la limousine n'en est pas moins vide et asymétrique (comme la prostate d' Eric!). C'est à dire que selon les angles de vue choisis, notre impression de l'espace est perturbée, à la manière du cinéma expressionniste, la limousine nous apparaît parfois plus longue, parfois plus large. L'expressionnisme allemand, et Cronenberg en tient l'héritage (il suffit de voir son utilisation de la lumière dans A History of Violence), se vouait à représenter le monde à travers le prisme d'un esprit torturé, un monde devenu dénaturé, déformé. De même dans « Cosmopolis », nous adoptons le point de vue d' Eric, sa limousine est devenue son monde, sa vision torturée de la réalité. Souvenez-vous que pendant le film Eric se demande où partent ces immenses limousines étalées le long de Wall Street à la fin de leur journée, il demande à son garde du corps où elles finissent la nuit, peut-être dans le New Jersey ? Dans ces interrogations, on voit froidement Eric face à la fin de son propre monde. Où va t'il finir cette journée ?

Ainsi la limousine devient cercueil, corbillard dira t-on, qui rôde dans les rues de New-York comme un spectre . « Un spectre hante le monde, celui du capitalisme. » Cosmopolis est le récit de l'auto-destruction d' Eric, symbole de l'écroulement du système capitaliste. Différents éléments annoncent cette chute : l'agressivité des manifestants à l'intérieur du Snack où Eric déjeune avec sa femme, la détérioration progressive de la limousine, l'idée du rat devenu monnaie qui parcourt le film entre la citation du début et le lancé de rats. L'ère capitaliste est celle de la montre, de la division des secondes, de l'homme en avance et de l'homme pressé. Et ici, l'atmosphère est devenue irréelle, lors d'une discussion le temps semble même s'être arrêté. Eric qui était « toujours le plus jeune » semble n'avoir plus aucun pouvoir sur un gamin de 20 ans trifouillant sa tablette. Lui qui avait toujours un temps d'avance sur les autres s'est trahi en misant sur la chute du yuan, il a signé là son propre testament, affaire de variation et de timing.

Film catastrophe sans catastrophes, « Cosmopolis » pourrait n'être qu'un cauchemar de son personnage principal, comme le serait une prémonition, une prise de conscience. Tout d'abord parce qu' Eric Packer est omniprésent, chaque plan nous le présente comme s'il se regardait sèchement lui-même. L'intrigue est en fait une succession de rencontres, dont certaines répétées (avec sa femme, une poète milliardaire, toujours en dehors de la limousine), mais en tout cas toujours en face à face, en un contre un, comme le serait un tribunal imaginaire. Il rêve de sa fin, des dernières rencontres qu'il fera et de la froideur de celles-ci, à la limite de l'absurde par moments, comme en témoigne l'hilarante scène de la prostate, qui s'avère au final capitale. C'est par ce flirt avec l'absurde que Cronenberg dit qu'il se rapproche du théâtre de Beckett. Ensuite parce que la motivation principale d'Eric tout au long du film relève de l'obsession : se faire couper les cheveux, par son coiffeur, chez son coiffeur, quoiqu'il arrive. Ses intentions relèvent encore une fois de l'absurde. Le président est en ville (il redemande « Qui ? »), toutes les rues sont bloquées et le parcours s'avère lent et pénible. Il n'a d'ailleurs pas réellement besoin de se faire couper les cheveux. Mais cette obsession l'amène finalement chez ce coiffeur qui est pourtant marqué fermé. Cette séquence du coiffeur introduit pour la première fois un degré de vie au personnage de Pattinson car il parle de son passé, introduit une anecdote à propos de son père et insiste sur le témoignage de l'évolution d'Eric : il le voit depuis tout petit. Se faire couper les cheveux c'est aussi une recherche désespérée du peu d'humanité qu'il lui reste et qui est vouée à disparaître. « Cosmopolis » est donc un cauchemar, la dernière preuve en est sa conclusion, ou plutôt sa non-conclusion. Qui s'est déjà vu mourir en rêve ? Une des lois du rêve est que l'on se réveille toujours juste avant de mourir, d'un cri et en sueurs. La mort brise le rêve car elle détruit l'individu qui l'a créé.

Même si tout ceci est un cauchemar, et que nous adoptons le point de vue d'Eric Packer, il n'y a de la part de Cronenberg aucun glamour envers son personnage. C'est pourquoi je disais plus haut qu'il se regarde sèchement lui-même. S'il est un génie des affaires, il reste un handicapé socialement, ayant abandonné sa personnalité pour sa rentabilité, 24/24h. Le plus flagrant reste sa relation avec sa femme, ils viennent de se marier mais n'ont pas couché ensemble. Ils n'ont pas l'air de vivre ensemble, disons qu'ils se croisent dans différents lieux (bibliothèque, snack). Elle trouve qu'il sent le sexe, lui aimerait qu'ils fassent l'amour, et que ce soit contre une poubelle au coin d'une rue lui irait tout aussi bien. Il y a ici clairement un manque de tact, une preuve d'immaturité mais aussi une perte de croyance en tout érotisme, renvoyant le sexe à une nécessaire bestialité. Je ne sais pas si l'on peut parler d'égoïsme à propos de ce personnage tant il raisonne en terme de profit, l'amour-propre c'est transformer en argent, en temps. L'indifférence qu'il a envers le monde extérieur en fait un véritable monstre, un tyran-capitaliste sans cœur ni âme. Mais au lieu de le condamner, Cronenberg le punit, encore une fois par l'absurde, ou plutôt par le burlesque : Mathieu Amalric l'entarte en plein milieu d'une rue (et ça c'est classe).

Le final est une confrontation sous la gâchette, celle de deux hommes, de deux mondes ennemis. Durant une vingtaine de minutes, la tension bat son plein, les personnages sont en train de philosopher en quelque sorte, ils conceptualisent l'achèvement de leur rencontre. Toute la puissance destructrice et apocalyptique du film se retrouve dans l'intensité d'un simple champ/contre-champ. Un visage et des mots peuvent en dire long, David Cronenberg a gardé de son précédent film, "A Dangerous Method", cette prégnance du dialogue cachée derrière une apparente simplicité. C'est tout le style du canadien : précis, complexe tout en restant discret . La signature des maîtres, sans doute, surement.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 12:31

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 12:32

Cosmopolis, les palmes du Figaro



http://www.lefigaro.fr/festival-de-cannes/2012/05/25/03011-20120525ARTFIG00617--cosmopolis-les-palmes-du-figaro.php
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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 13:25

COSMOPOLIS

David Cronenberg signe dans la noirceur, un film qui au final se détache de "A Dangerous Method" son avant dernier long-metrage !

Décrire ces trois lignes, ne porte rien à la critique de "Cosmopolis", qui pour les uns apparait comme une merveille cinématographique et pour d'autres comme un film désopilant présenté à Cannes.

Que dire, que penser ? "Cosmopolis" est l'adaptation du roman culte de Don De Lillo, rigoureusement suivi par la caméra page à page.

Cronenberg film Eric Packer, le rôle principal dans une limousine américaine, c'est Robert Pattinson qui sort de "Twillight" pour interpréter un golden boy hanté par le sort de la planète dévorée par la finance, où la violence humaine et les rats dominent le malheur qui fait une marche forcée, dans un abime temporel inéluctable !

Le film est à regarder comme un prototype issu de l'industrie cinématographique, les plans serrés remplissent l'espace, les acteurs apparaissent et se volatilisent dans la limousine en mouvement, qui roule dans les rues de New-York avec en fond d'images (à travers les vitres) l'effondrement de la société humaine.

Cronenberg devient un prédicateur qui pour expliquer le roman de Don De Lillo, va s'appuyer sur les jeux de rôles des acteurs, qui apparaissent dans un casting décousu, Juliette Binoche en femme d'affaire très sexe et Mathieu Amalric un "entarteur" anarchiste, s'en sortent bien !

Pattinson est sublime, froid et beau... laid et magnifique par son regard, même si la limousine est bombardée d'oeufs et de peinture rouge et jaune, la paranoïa du scénario s'installe pour un final sans existence, comme si ce chef d'oeuvre avait eu l'intention de se saborder et par cette manière, à nous renvoyer à nous même !

Note : 6/10

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 14:12

Critique par Les Inrocks :


Cannes - Jour 10: Cosmopolis, Hong Sang-soo et... par lesinrocks

source : cannes2012.lesinrocks.com via ToR

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 14:54

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 16:49

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 18:32

Cannes : en limousine avec Pattinson

L'acteur de "Twilight" joue le rôle d'un golden boy dans "Cosmopolis" de David Cronenberg

Cette année, à Cannes, mieux valait ne pas avoir le mal des transports. Entre Sur la route, Holy Motors, le Kiarostami (Like Someone In Love), le Andrew Dominik (Killing Them Softly) et, hier, le Cronenberg (Cosmopolis), on aura passé quelques heures en voiture et bouffé plus de bitume que de pellicule !

Adaptant, quasiment mot pour mot (et Dieu sait qu'il y en a !), le roman de Don DeLillo, le Canadien David Cronenberg promène son héros, Eric Packer (Robert Pattinson), toute une longue journée dans New York, à bord d'une limousine blanche, semblable à celle du Léos Carax (Holy Motors) à l'extérieur, mais nettement plus high-tech à l'intérieur.

Richissime golden boy de la haute finance, Packer a choisi son jour pour aller chez le coiffeur : la visite du président des États-Unis, la crise boursière et les manifestations qui s'en suivent rendent la circulation impossible. C'est donc dans sa limousine - dont l'intérieur ressemble à celui d'un vaisseau spatial - bloquée dans le trafic, qu'il donne ses rendez-vous.

Prennent ainsi place à ses côtés : sa femme (sublime Sarah Gadon), sa maîtresse (Juliette Binoche en porte-jarretelles), quelques collègues de bureau et un médecin qui (scène culte) lui fait un toucher rectal pendant qu'il devise avec son analyste financière. Tout cela pendant que s'effondre le monde capitaliste.

Avec la star de Twilight au casting, le livre visionnaire de Don DeLillo comme base de travail et le Cronenberg de History Of Violence et des Promesses de l'ombre aux commandes, on formait des voeux pour que Cosmopolis soit LE "film d'auteur grand public" qui sauverait le Festival 2012 d'un palmarès trop élitiste.

Encore raté ! Cosmopolis a toutes les qualités et tous les défauts de la sélection : il est formidablement mis en scène et bénéficie d'un casting sexy (Robert Pattinson fait une entrée remarquée dans la cour des grands), mais il est trop long, trop bavard, trop suffisant, trop fermé sur lui-même et, pour finir, d'un ennui mortel. La scène finale de dialogue avec le pseudo-assassin (Paul Giamatti) est tellement étirée et absconse qu'on a envie d'appuyer à sa place sur la gâchette pour que le supplice s'achève enfin.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 18:33

Critique par le Cercle de Canal +

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo


Merci à Benekat pour le lien

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 18:34

POURQUOI COSMOPOLIS N’EST PAS LA BOMBE ATTENDUE

Ne jamais se fier aux bandes-annonces : celle de Cosmopolis nous avait rendus ivres, le film nous a méchamment dégrisés. Trop cadenassé, le Cronenberg peine à traduire en images la langue de Don DeLillo. Anatomie d’un échec.

Cronenberg bloque toutes les issues

Dans son roman de 2003, Don DeLillo prophétisait la fin de l’illusion spéculative dans le personnage d’Eric, prince de Wall Street traversant Manhattan pour aller se faire couper les cheveux. On doit reconnaître à l’adaptation de Cronenberg d’avoir su restituer le confinement de la limo dans laquelle se déplace le golden boy, vaisseau cybernétique où circulent en vase clos les données et les gens. Mais s’il n’y a d’extérieur pour l’homme-finance qu’à travers des vitres fumées, DeLillo inversait la vapeur à mi-temps lorsque le dehors s’invitait dedans. Cronenberg, lui, prend le parti de tenir le monde à distance jusqu’au bout. Même quand Eric sort, tout ressemble tellement à un décor qu’aucune irruption du réel n’est possible. Privé de contraste, le film perd la profondeur et la complexité du livre. Restent les mots: difficile de regretter le caractère énonciatif du récit quand le texte est aussi beau. On peut en revanche déplorer que la mise en scène, toute en focale courte et plongés étouffants, ne redouble cette langue sublime d’une vision moins engoncée.

Pattinson joue à tâtons

On a tellement envie de l’aimer. Quand il rougit d’embarras en conférence de presse et qu’on se demande comment c’est possible qu’il soit encore timide avec tout ce barnum. Quand on le voit avec Kristen Stewart, trop mignons pour être malhonnêtes. Quand il parle et qu’en plus d’être beau, il se trouve être intelligent. Mais après la sympathie qu’il nous inspire il y a l’épreuve des faits, et de fait, Pattinson n’est pas si bon. Pas mauvais non plus, inspiré même par moment, mais encore en gestation. C’est d’ailleurs une des seule vraies grâces de ce Cosmopolis que de le voir se chercher sous nos yeux, oser quelque chose, se planter parfois, se relever bravement. Mais ce n’est pas encore suffisant pour sauver un film qui aurait eu besoin d’une bête de cinéma pour le hisser au-dessus de sa simple compétence. Et même si Bob refuse le parallèle, on ne peut s’empêcher de voir Eric comme un double du vampire de Twilight qu’on aurait bien aimé, si Cronenberg l’avait voulu, voir se cramer l’épiderme à la lumière du jour.

Le film s’est fait doubler par d’autres

C’est le problème quand on arrive en fin de festival: d’autres sont passés avant vous. On nous vendait Cosmopolis sur le choc d’un toucher rectal sur Pattinson et d’une scène de cul avec Binoche. Mais hier, The Paperboy a tout saboté. En termes de dépucelage d’éphèbe et de quarantenaire lubrique, le film de Lee Daniels a mis la barre très haut, désamorçant le capital luxure de Cosmopolis. Il n’y a pas que ça, même le coup du financier dans sa limo blanche, Leos Carax nous l’avait déjà fait dans Holy Motors. Du coup, quand Bob/Eric demande à son chauffeur où vont les limousines le soir, nous, on avait déjà la réponse. Show me something I don’t know.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 18:37

CINÉMA. "Cosmopolis" avec Robert Pattinson : trop indigeste pour séduire

Tiré d'un roman de Don DeLillo, "Cosmopolis" est en compétition officielle au Festival de Cannes. Certains crient déjà au génie, mais pour Guillaume Defare, rédacteur en chef du site Les Films d'à côté, le film est difficilement accessible.

Disons le tout de suite, David Cronenberg est un grand réalisateur aux obsessions passionnantes, et le voir revenir à un sujet plus proche de ce qui a été son cinéma le plus marquant en a fait rêver plus d'un (du moins c'est ce que laissait présager une bande-annonce magnifique mais profondément mensongère).

Série de discussions monocordes

On sait que Cronenberg est un passionné de science-fiction et que ses thématiques sont en général extrêmement proches d'un genre précis : le cyberpunk. On pense à "Vidéodrome", à "ExistenZ" (bourré d'hommages au grand Phillip K Dick), à "Crash" et son esthétique sado-masochiste de cuir et de métal, et surtout au "Festin Nu", chef d’œuvre adapté du livre de William Burroughs, actuellement considéré comme le livre fondateur d'une science-fiction moderne. Cronenberg revient donc à un univers qu'il connaît bien en adaptant le best-seller de Don DeLillo qui nous raconte l'histoire d'un golden boy milliardaire et génie mathématique qui décide d'aller chez le coiffeur le jour où la civilisation capitaliste s'effondre.

Attention, ce film est un piège et autant annoncer d'entrée de jeu à toutes les fans de Robert Pattinson qu'elle ne trouveront pas leur compte dans ce qui se trouve être le pensum le plus austère de ces dernières années. Soyons clair, le film se passe quasiment intégralement dans la limousine du héros, et l'ensemble du métrage n'est qu'une série de discussions monocordes filmées en plan fixes.

Certains pourront trouver cela absolument atroce comme d'autres pourront hurler au génie. Il semblerait cependant que la vérité se situe quelque part entre les deux mais ce serait poser la question de la limite du cinéma en tant qu'art de spectacle soumis à des impératifs de rythme. Car plutôt que de juger une œuvre clairement intéressante mais aussi indigeste qu'une brique à avaler sans eau, tentons plutôt d'en dénouer les nœuds.

Anti-spectacularisation extrême du cyberpunk

"Cosmopolis" est avant tout une véritable œuvre cyberpunk, mais qui joue avec ses codes de manière quasi suicidaire. Le héros à la beauté diaphane dans un monde régie par le calcul immatériel et devenu tellement inégalitaire que la révolution gronde à la porte avant d'exploser complétement, ce sont les thèmes de "Matrix", de "Strange Days", de "Johnny Mnémonic" et de tant d'autres films du genre.

Mais nous sommes ici devant une tentative d'un film cyberpunk crépusculaire et qui, à la manière du cinéma de Robert Bresson, tente une anti-spectacularisation extrême de son genre. Le personnage de Patinson lâche ses dialogues interminables avec la même voix blanche, et le spectacle du monde en révolte ne fait que passer par les fenêtre de sa limousine "corbillard" qui l'emmène à la mort, et le genre du cyberpunk avec.

L’extrême limite est dépassée avec le fait que dans toutes les œuvres du genre le héros playboy dépressif (et souvent incarné par Keanu Reeves au cinéma) est un esclave du système et se bat en révolutionnaire anarchiste contre celui-ci. Dans "Cosmopolis", le héros est le système, il en est son dieu et son apogée, et c'est contre lui-même qu'il se battra, détruisant son œuvre dans un interminable acte suicidaire (d'une heure cinquante, durée du film). Il semblerait que Cronenberg ait vu un écho dramatique entre notre réalité actuelle et les réflexions apportées par le livre, et ce pourrait être les raisons qui l'auraient poussé à aborder son adaptation de manière aussi austère et didactique.

Robert Pattinson, peu de présence

Mais de nombreuses questions se posent alors : était-il la peine d'adapter à ce point littéralement l’œuvre d'origine? Malgré le symbole que représente Robert Pattinson en tant que personnage public, n'était-il pas possible trouver un acteur ayant, il faut le dire, un tant soit peu plus de présence ? Était-il nécessaire d'aborder cette adaptation cinématographique de manière aussi profondément intellectuelle et avec autant peu d'égard pour un public qui risque très fortement d'être largué au bout de trois minutes?

Pour répondre à cela on peut affirmer que les plus grand cinéastes intellectuels de l'histoire n'ont jamais agi de la sorte : que ce soit Bergman, Kubrick, Tarkovski et j'en passe, aucun d'entre eux ne s'est filmé en train de penser pendant près de deux heures. On espère donc que ce film restera un essai unique d'un auteur ultra respectueux d'un livre qu'il adore, plutôt que le début de l'étalage d'un égo surdimensionné et intellectuellement poseur.

Conclusion

Un film très intéressant qui prend les codes du genre à rebours, mais malheureusement beaucoup trop indigeste pour pouvoir réellement séduire. Et puis Robert Pattinson, malgré toute la sympathie qu'on peut avoir pour lui, reste toujours et encore un très mauvais acteur. On espère que Cronenberg ne restera pas trop longtemps enfermé dans cette phase et qu'il passera vite à autre chose, quelque chose de plus cinématographique.

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MessageSujet: Re: [Cosmopolis] Critiques de la presse   Sam 26 Mai - 18:39

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